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Les échecs au cinéma, synthèse de Blow Up ARTE

 

La fièvre des échecs 1925, 1er films sur les échecs déniché par la revue Route64: "...  une rareté : un film sur les échecs, avec Réti, Gruënfeld, Yates, et même le mythique Capablanca parmi les acteurs... A notre connaissance le premier film de l'histoire du "cinématographe" entièrement axé sur le thème des échecs..".

 

 

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118595523 108127931014208 305035975100809635 o   Route 64, une nouvelle revue consacrée au jeu d'échecs, sortira en janvier 2021. Pour tout savoir de ce projet

"Clin d’œil à la Route 66 et aux 64 cases de l'échiquier, cette revue vous entraîne hors des cases et explore les univers du jeu d'échecs."
Route 64 s'adresse aux passionnés comme aux curieux qui voudraient découvrir le monde fascinant des échecs.

Une revue avec peu de technique, peu de diagrammes, pas d'analyses de parties interminables, mais beaucoup de reportages, d'investigation, de portraits, de longs entretiens de champions ou de personnalités, d'histoire(s), de voyage, de découvertes, de fiction  d'artistes, etc.
 

128 pages à chaque numéro, 3 numéros par an (janvier-mai-septembre)

Vendue seulement sur abonnement sur notre site ou en préabonnement sur le lien précédent

C'est une revue, mais aussi une maison d'édition de livres et BD, un studio de podcast, un organisateur d'événements, pour vivre les échecs « hors des cases ».

La revue propose sur sa page Facebook un échéméride "Un jour, un événement échiquéen" réalisé par Jérôme Maufras.

 

Libération sur Alexandre Alekhine

Echecs : Alexandre Alekhine, premier rôle dans le théâtre des pièces Par Gilles Dhers — 29 novembre 2020 à 16:45

https://medias.liberation.fr/photo/1350270-alekhine-dispute-33-parties-d-echecs-simultanees.jpg?modified_at=1606664697&width=960

Alexandre Alekhine dispute 33 parties d'échecs en même temps au cercle des Armées de terre et de mer, le 28 février 1935 à Paris. Photo Gamma-Keystone. Getty Images

Le prodige russe, naturalisé français, du jeu de stratégie était connu pour jouer plusieurs parties à l'aveugle et en même temps.

Chaque semaine avec RetroNews, le site de presse de la BNF, retour sur une histoire de sport telle que l’a racontée la presse de l’époque.

Né dans la noblesse d’avant la révolution d’octobre et vainqueur du dernier championnat de Russie et du premier championnat d’URSS d’échecs. Arrêté deux fois par la tchéka (la police politique qui chassait les mauvais bolcheviks) dans son pays natal, soupçonné de bolchevisme en France, son pays d’accueil, puis de collaboration avec les nazis. Maître mondial incontesté de l’échiquier mais dominé par sa dépendance à l’alcool. Déchu mais sacré à nouveau. Alexandre Alekhine, né Aleksandr Aleksandrovitch Alekhine le 31 octobre 1892 à Moscou, mort le 24 mars 1946 dans un hôtel d’Estoril (Portugal) où il avait trouvé refuge, reste une légende des 64 cases.

La légende dit que lors de sa première incarcération pour activités antibolcheviques, en 1920, il aurait joué contre Trotsky. Ce qui est sûr, c’est que son deuxième emprisonnement achèvera de le convaincre qu’il doit fuir à l’étranger. L’autorisation qui lui est accordée de quitter l’URSS pour se marier lui fournit l’occasion. La Lettonie d’abord, puis Berlin, et enfin la France où il débarque en 1922. Quand il arrive à Paris, à 30 ans, le manieur de pièces s’est déjà bâti un sérieux palmarès et une glorieuse réputation dans les cercles échiquéens. Il a débuté à 7 ans et brille dès l’adolescence dans des compétitions de prestige : places d’honneur dans des tournois internationaux, champion de Russie, puis de Russie soviétique (qui n’intégrera l’URSS qu’en 1924).

28 parties en même temps

Il se distingue particulièrement dans l’une des disciplines les plus spectaculaires – pour le profane – des échecs: les parties en simultanée et à l’aveugle, comme le raconte la France, du 26 février 1923. «Le maître russe Alexandre Alekhine a, hier après-midi, au cercle Philidor, joué "à l’aveugle" douze parties d’échecs avec douze bons joueurs parisiens. On sait qu’il avait accepté, pour augmenter les difficultés qu’il devait vaincre, de laisser à ses adversaires le choix du début de chaque partie. En dépit de cette extraordinaire difficulté, Alekhine, avec une rapidité de conception et d’improvisation qui a stupéfié et enthousiasmé l’assistance, en quatre heures et demie, avait gagné 11 parties. La douzième donna match nul.»

Alekhine demande sa naturalisation française le 3 novembre 1924, mais le dossier est classé sans suite, en raison de ses multiples voyages à l’étranger pour participer à des compétitions et parce qu’il avait été signalé en avril 1922 comme un «bolcheviste chargé, par les Soviets, d’une mission spéciale en France». Pourtant, l’Excelsior écrit le 10 janvier 1925 : «A l’occasion de sa naturalisation française, le célèbre maître russe Alexandre Alekhine, recordman du monde des parties d’échecs à l’aveugle, offre gracieusement, en hommage à sa patrie d’adoption, une séance de parties simultanées sans voir où il battra son propre record, disputant 28 parties au lieu des 26 jouées par lui l’an dernier à New York.»

L’événement se déroule le 1er février. La froideur du maître impressionne autant qu’elle effraie le reporter du Figaro du lendemain. «L’immense salle d’entrée du Petit Parisien. Des murs blancs. De grandes glaces. Aujourd’hui c’est, pour tous les joueurs d’échecs de Paris, comme un sanctuaire. Alexandre Alekhine joue simultanément vingt-huit parties "à l’aveugle". Il tourne le dos aux joueurs. […] On annonce l’attaque de tel ou tel joueur qui a poussé un pion de C2 en D3. Un silence : tous les regards sont tournés vers la tête blonde que l’on aperçoit au-dessus du fauteuil. Et une voix paisible et nette annonce bientôt la parade ou la riposte. Quelle attention, sur tous ces visages ! […] Mais quel calme chez Alekhine ! Ce champion allume une cigarette, croise et décroise ses longues jambes avec des mines de félin dédaigneux. Un joueur vaincu se lève et s’éloigne, un pli amer au coin des lèvres, image vivante de la défaite. Alekhine, impitoyable, répond à tous les coups, et ce n’est pas sans un peu d’effroi que l’on assiste à ce prodige de mémoire et de lucidité, comme à ce mystère que l’on découvre, chaque fois que l’on se penche sur la vie. Enfin, la multiple partie prit fin. Alexandre Alekhine avait joué pendant douze heures cinquante-huit minutes. Il avait gagné 22 parties et en avait perdu trois. Les trois autres étaient nulles. Il se leva et se passa la main sur les yeux, comme s’il s’éveillait. Il avait un regard énigmatique et vague, comme on imagine celui des monstres marins que l’on arrache brusquement à leur vie amère.» 28 parties que, le lendemain, il reconstitue précisément sur la foi de sa seule mémoire.

Le parcours d’Alekhine le conduit naturellement à défier le champion du monde, le Cubain Capablanca. Le choc est programmé en Argentine. Il entreprend donc le long voyage vers Buenos Aires. «Le grand maître Alexandre Alekhine s’est embarqué, le 19 août dernier, sur le Massilia où il va rencontrer le champion du monde José Raúl Capablanca pour le titre, rapporte l’Excelsior du 28 août 1927. Les deux maîtres doivent jouer un nombre indéterminé de parties, la victoire seulement acquise au premier des deux joueurs ayant gagné six parties, les nulles ne comptant pas.»

L’Excelsior du 24 octobre 1927 fait le point sur le match fiévreux et indécis de Buenos Aires : «Tous les joueurs d’échecs – et ils sont nombreux – se passionnent pour le long duel cérébral qui, depuis le 15 septembre, met aux prises les deux plus grands maîtres du temps présent. Et même ceux qui ignorent tout de l’échiquier sont instruits des épisodes de cette actualité. […] Un match d’échecs ne se règle pas comme un match de boxe. Les deux forces en présence se neutralisent, n’aboutissant guère qu’à des parties nulles : 14 sur 19 (trois victoires pour Alekhinen, deux pour Capablanca). Le cerveau doit user de toutes ses ressources pour s’ouvrir un lent chemin vers une issue, vers la victoire.»

«Alekhine champion du monde d’échecs», titre l’Excelsior le 30 novembre 1927. «Capablanca a en effet déclaré, après l’ajournement de la 34e partie, qu’il abandonnerait à la reprise de la partie. Le championnat devait être attribué au joueur qui gagnerait, le premier, six parties. Alekhine en a gagné cinq. Quand la partie a été ajournée, il restait à Alekhine une tour et deux pions ; Capablanca n’avait plus qu’une tour. Ajoutons qu’Alekhine, qu’on appelait déjà le Français Alekhine, vient d’être naturalisé français.»

Tel un boxeur, Alekhine choisit contre qui défendre son titre. Il a promis une revanche à Capablanca, mais préfère des adversaires moins redoutables, comme le soviétique Efim Bogoljubov, qu’il bat deux fois, en 1929 et 1934. Durant cette période, il s’affirme comme l’ogre de l’échiquier : 15 victoires en autant de tournois disputés entre 1929 et 1933. Pourtant, son intempérance (alcool, tabac), le rend vulnérable. Il perd son titre contre un modeste Néerlandais, en 1935.

A la surprise générale, sauf celle du journal Aux écoutes, qui écrit le 21 décembre : «Depuis dimanche dernier, le DAlexandre Alekhine n’est plus champion du monde des échecs. Il a dû, après 30 parties mouvementées, abandonner son titre au Hollandais Max Euwe, joueur de grande classe, tenace et prudent, mais qui ne vaut assurément pas l’homme dont il triompha. Ce résultat, Aux écoutes l’avait prévu. Nous avons raconté comment Alekhine, dérogeant à ses habitudes, avait en plein tournoi délaissé son régime habituel, le whisky, pour le genièvre hollandais, liqueur "insidieuse" s’il en est. C’est en vain que ses amis l’exhortèrent à la modération. "— Il y a un Dieu pour les champions, répétait-il obstinément. Et il ajoutait : — Si je perds, on n’incriminera pas ma valeur. Si je gagne, on m’admirera davantage…" Pendant ce temps-là, son adversaire ne buvait que du lait et de l’eau sucrée. Dans les derniers jours du match, il fallut soutenir Alekhine à l’aide de piqûres. S’il avait gagné la 30e et dernière partie, l’ex-champion arrivait à égalité de points avec le DEuwe et retenait son titre. "Acceptez-vous la partie nulle ?" lui demanda Euwe, magnanime. "Soit", répondit Alekhine. Ainsi se termina un match qui, pendant un mois et demi, avait passionné le monde des échecs, et qui rapporta 90 000 francs au vaincu, 60 000 francs au vainqueur. Ce Russe naturalisé Français, dont la silhouette élancée, l’attitude réservée – que d’aucuns prennent pour de la hauteur – est bien connue des habitués du café de la Régence, ne nous semble pas homme à rester sur cette défaite. Attendons-nous à le voir demander sa revanche.»

Effectivement, Alekhine demande sa revanche. En 1938, à jeun, il domine facilement Max Euwe. Pour la première fois dans l’histoire des échecs, un ancien champion du monde reconquiert son titre. Seule la mort le lui enlèvera.

La guerre interrompt sa recherche d’un adversaire à sa mesure. Le conflit le surprend alors qu’il dispute les Olympiades à Buenos Aires. Il rentre en Europe, au Portugal, et se propose comme volontaire dans l’armée française en tant qu’interprète. Démobilisé en 1940, il offre une revanche à Capablanca mais les pourparlers n’aboutissent pas. De 1940 à 1943, il multiplie les tournois et les victoires aux quatre coins de l’Europe occupée. Puis quand la contre-attaque des alliés ne permet plus l’organisation de compétitions, il s’installe en Espagne et ne visitera plus que ce pays et le Portugal. Sa femme est restée en France. Il a replongé dans l’alcool et a souffert de dépression nerveuse.

Au sortir de la guerre, alors installé en Espagne, Alekhine est tricard dans le monde des échecs. Il est soupçonné de collaboration avec les nazis pour avoir écrit des articles sur les échecs pour le Pariser Zeitung, un journal d’occupation. Il les aurait réalisés en échange de gestes des nazis pour favoriser la situation de sa quatrième femme, Américaine naturalisée anglaise, et préserver les intérêts du couple, notamment un château en Normandie. Des articles repris ensuite par la presse allemande, largement remaniés et présentés ainsi : «Echecs juifs et aryens. Une étude psychologique, fondée sur l’expérience échiquéenne, montrant le manque de force de conception et de courage des Juifs, par le champion du monde des échecs, le Dr Alekhine.» Le champion du monde nie les avoir écrits. Néanmoins, des chercheurs retrouveront dans la presse espagnole des articles dans lesquels Alekhine défend une conception raciale des échecs, ainsi que le rapporte le site Chess.history. Sa théorie : la conception aryenne des échecs donne la priorité à l’attaque et l’agressivité, ne considérant la défense que comme un moyen de pallier des erreurs, alors que la conception «sémitique» privilégie la défense.

Morceau de viande

Alexandre Alekhine effectue sa dernière apparition publique le 9 mars 1946 à Lisbonne lors d’une partie simultanée. Toujours champion du monde, il trépasse quinze jours plus tard, à 53 ans, dans la pension d’Estoril où il s’est installé. Il est découvert mort dans sa chambre assis devant une table avec des restes de repas et un échiquier sur lesquels les pièces sont dans leur position initiale. La cause du décès officielle: arrêt cardiaque suite à une asphyxie provoquée par un morceau de viande coincée dans le larynx – quand il était seul, Alekhine mangeait avec les doigts. Le site Chess.history détaille les hypothèses émises après sa mort, dont celle du suicide, et publie des photos du corps tel qu’il a été retrouvé.

Combat du 26 mars 1946 annonce la mort d’un champion «dont les derniers résultats en compétition donnaient à croire qu’il avait beaucoup décliné». Le journal, qui rappelle les épisodes troubles du parcours d’Alekhine pendant la guerre, poursuit : «Bien qu’il soit l’inventeur de la défense qui porte son nom, il était moins un théoricien qu’un lutteur devant l’échiquier. Sa capacité pour créer des complications dans la position la plus paisible ou pour renverser d’un seul coup une situation compromise tenait du prodige.»

Alexandre Alekhin est enterré à Lisbonne le 16 avril 1946. En 1956, ses cendres sont transférées au cimetière du Montparnasse, à Paris. Sur sa tombe est gravé un échiquier.

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Date de dernière mise à jour : 11/01/2021